La mort, vue par les proches non touchés

De temps en temps, je me permets de parler ici de sujets ne concernant pas la beauté. De choses qui me touchent, qui m’interpellent. Ce blog est une partie de moi, même si ma vie privée n’y est pas étalée, parfois elle s’y invite. Aujourd’hui, ma collègue est revenue de ses congés, avec la triste nouvelle du décès de sa belle-mère, malade depuis quelques temps déjà. Bien sur, je comprends cette situation, pour l’avoir vécu. J’ai lâché un « désolée », quelques questions et pour le reste, je fais « comme si » c’était un jour normal. D’autant plus qu’on partage le même bureau. Je veux éviter la compassion atterrée, l’empathie exagérée… toutes ces choses qui te font rager parce qu’elles ne font que te ramener à ta peine.

Irlande - Connemara

Pourtant, cet incident m’a ramenée à une situation « commune », celle de voir une connaissance, un ami, touché par le décès d’une personne qui ne faisait pas partie de nos proches. On sait que ça fait mal, on connait parfois cette douleur… mais à cet instant, ça ne nous concerne pas. Nous sommes touchés par la détresse de la personne, pas par la perte qu’elle subit. Quand c’est une amie proche, c’est un peu plus « facile », elle n’hésitera pas à nous faire savoir de quelle manière elle a envie qu’on réagisse. Quand c’est une connaissance, on est un peu dans le flou.

Entre l’envie de soutenir l’autre et la peur de l’embêter plus qu’autre chose, il est commun d’être maladroit dans ce genre de situations.

Personnellement, lorsque j’ai été « de l’autre coté », il y a un tas de choses qui m’ont révoltée. Lors de l’enterrement, j’ai détesté toutes ces personnes que je n’avais jamais vu qui me disaient combien mon père (par exemple) était un homme bien, ou me racontait telle anecdote sur lui… J’étais révoltée de cette hypocrisie, de ces gens qui ne l’avaient pas soutenu comme moi j’avais pu le faire pendant ses dernières années et qui ne tenaient « pas vraiment » à lui. Il y avait aussi ceux qui fondaient en larmes en arrivant devant le cercueil… idem, je ne les connaissais pas. Je sais que ce n’est pas bien, mais l’expression de cette douleur de la part d’individus qui n’avaient rien partagé avec lui depuis des années, ou de manière si superficielle, c’était juste insupportable.

Puis, il y a eu toutes les connaissances qui se sont manifestées… c’est un peu éprouvant car ça nous ramène à chaque fois à ce qui se passe. Mais parfois ce sont des petites attentions qui nous touchent. De ceux-là, j’ai apprécié le soutien discret, une petite parole, un geste, surtout limiter l’expansif.

De mes amis, je n’ai pas été déçue. Selon les moments, j’ai réagi différemment. Pour l’un des enterrements, je n’avais pas envie que quiconque soit présent. Pour l’autre, la présence de personnes qui m’ont pourtant menée la vie dure en BTS a été un vrai soutien dont je leur serai toujours reconnaissante, même si on se parle à peine maintenant. C’est une dure épreuve pour celui qui la vit, mais il ne faut pas hésiter à dire à ses proches ce que l’on attend d’eux.

Malgré tout cela, ce matin, face à ma collègue, je me suis sentie maladroite. Je ne savais pas trop comment réagir, alors j’ai réagi comme j’aurais apprécié qu’elle le fasse. Brièvement, avec quelques paroles qui montrent mon soutien, mon intérêt et la possibilité pour elle de se confier si elle en avait besoin. Puis « au boulot ». Surtout ne pas alourdir l’ambiance, elle souffre suffisamment à la maison, pas besoin de lui faire ressentir ça aussi au travail, sans aller jusqu’à avoir des fous rires, perdre un proche ne veut pas dire qu’on a envie que chaque instant soit là pour nous le rappeler. Je ne sais toujours pas si c’était la bonne réaction à avoir… mais je l’espère.

Face à la mort, les réactions sont si différentes et imprévisibles… au final, on est tous assez démunis. Voilà, désolée pour cette note un peu « funeste », dès ce soir, on partira sur quelque chose de plus superficiel… et demain, je vous promets un joli « délire » personnel que vous apprécierez, j’espère.

 

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12 commentaires pour La mort, vue par les proches non touchés

  1. Faustine dit :

    Il faut, je pense, être soit même dans ces moments là et ne pas en faire plus. J’ai moi même perdu quelqu’un de ma famille. Et tout ce que les gens m’ont dit m’a fait du bien. Surement après coup, je te l’accorde, mais ça m’a vraiment aidé …

  2. Montaw dit :

    Merci pour ce texte. Je vis cette situation en ce moment, et j’adhère tout à fait à ton discours.

  3. Anne-Lise dit :

    j’ai vécu un deuil très difficile l’an dernier et j’adhère tout à fait à ton discours…. et c’est vrai que ça n’est pas simple de se placer du côté de la personne endeuillée quand ça arrive aux autres… juste dire qu’on est là si besoin est !!

  4. chanatalib dit :

    Il en est un peu de même lorsque tu es touchée par une maladie grave (comme le cancer)….certains hypocrites viennent te voir alors qu’ils ne t’adressaient jamais la parole, se rapprochent de toi histoire de voir le « visage de la mort » et puis il y a ceux qui au contraire préferent te fuir de peur que ça leur saute dessus, ne donnent plus signe de vie et te laisse avec tes angoisses et sans soutien ! Il est des situations où les gens sont étranges voire incompréhensibles!
    Je pense que l’important est de parler avec son coeur…. même si malgré tout ce qui pourra se dire n’apaisera guere la peine….je crois que c’est la présence qui est importante, que l’on sache qu’en cas de besoin, quelqu’un est là……

  5. lamiteorange dit :

    Je ne sais jamais comment régir, en ce qui concerne la mort…
    Tout ce que je sais, c’est que depuis que mon grand-père est mort (mon dernier grand-parent connu), je ne supporte plus la bassesse des grand-parents de mon mari, et sans leur souhaiter la mort, je ne comprends pas qu’il les ai encore tous alors qu’ils sont si méchants, alors que mon pépé adoré est parti, alors qu’il était si gentil.

    Bref, c’est idiot et ça ne répond pas du tout à ta question.
    Je ne sais jamais comment réagir.
    Je ne sais même pas comment j’aimerais qu’on réagisse avec moi!

    • Malicia dit :

      C’est normal de réagir comme ça, si la mort nous prenait que les méchants ça se saurait…😦 Elle est injuste, malheureusement.

  6. j’apprécie de plus en plus ton blog chaque jour … tu sais relater des choses funs comme des choses moins funs … la vie quoi! j’apprécie vraiment! c’est vrai que on se sent bête & impuissant face à la mort (dans le cas de ta collègue, on ne sait que faire, que dire …) et quand ça nous tombe dessus, on est désarmé …
    Ce que tu racontes par rapport à l’hypocrisie lors de la cérémonie est tellement vrai …😦

    • Malicia dit :

      Merci😉
      Oui, c’est un peu mon but aussi, même si je parle de beaucoup de fun, je pense aussi qu’un blog peut permettre de s’exprimer sur des choses plus sérieuses, qu’il soit beauté ou pas.

  7. nino19 dit :

    Eh bien, tu as bien réagit…La mort est un sujet tabou chez certaines personnes, et pourtant, il ne le faut pas…Nous sommes tous concernés ou le seront à un moment donné. J’ai perdu mon père il y a 11 mois, et j’ai eu aussi des personnes qui m’ont « gonflé » car mon père a été très malade pendant quelques années. Aucune visite, aucun appel, rien…..Même à l’hopital aucune visite…Ma mère a été très peu épaulé….Mon père était de confession musulmane, ma mère catholique. Tout le monde l’a laissé tomber. Nous avons enterré mon père selon le rite musulman…A partir du moment ou « ils » ont pu avoir son corps, nous n’avons plus eu notre mot à dire….ça m’a fait un peu « bondir » et « choqué » mais je sais que mon père le voulait…..Et donc, je l’ai laissé partir « en paix »……

  8. chouby36 dit :

    Bonjour je pense que tu as eu la bonne reaction ne pas s’appitoyer sur le sort de ta collegue.
    Face a un décés d’un être chere malgré la tristesse j’essaye d’avance la vie continue pour penser a autre chose. Ce sont des moments pénible a passez.

  9. Ludivine dit :

    Et puis surtout on ne sait pas comment va réagir la personne en face de nous, car chaque décès nous rappelle nos peines passées … Et ce sont des choses que certaines fois on ne veut pas forcément faire ressurgir …
    Au travail, on est pas amies non plus … pour vraiment partager son chagrin, c’est vraiment délicat, l’empathie sans tomber dans le pathos je pense que c’est le juste milieu …

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